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Avec Françoise Ladouès et Emmanuel Labails

(Produits depuis 2026 pour RCF Bordeaux)

CHRETIENS DE L'AUBE

« Chrétiens de l’aube » tente d’explorer, par touches brèves et précises, l’histoire des premiers chrétiens à travers les différentes sources écrites, archéologiques ou autres, chrétiennes ou non.


L’objectif du podcast est de donner une assise historique aux connaissances sur le monde chrétien des origines, souvent véhiculées dans des contextes qui les coupent de leurs racines

Site de Qumrân, désert de Judée au bord de la mer Morte (©Françoise Ladouès)

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Les épisodes :

Épisodes 01 à 07

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Épisodes 01 à 07

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01 Paul, premier écrivain du christianisme

Au 1er siècle de notre ère, écrire était coûteux et difficile, ce qui explique la rareté des sources écrites concernant cette période. Pourtant le christianisme a la chance d’avoir en son sein Paul de Tarse, missionnaire chrétien qui vit peu de temps après Jésus, et qui nous permet, par sa correspondance, d’approcher quelques réalités du premier christianisme

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  •   Documents de référence :
  • Paul dit qu’il a persécuté les chrétiens et qu'une révélation de Jésus Christ lui fait annoncer « son Évangile »

    Lettre de Paul aux Galates (Ga 1, 6-24)


    « J'admire avec quelle rapidité vous vous détournez de celui qui vous a appelés par la grâce du Christ, pour passer à un autre évangile. Non pas qu'il y en ait un autre ; il y a seulement des gens qui jettent le trouble parmi vous et qui veulent renverser l'Évangile du Christ. Mais si quelqu'un, même nous ou un ange du ciel, vous annonçait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème ! Nous l'avons déjà dit, et je le redis maintenant : si quelqu'un vous annonce un évangile différent de celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème ! Car, maintenant, est-ce que je cherche la faveur des hommes ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si j'en étais encore à plaire aux hommes, je ne serais plus serviteur de Christ. Car, je vous le déclare, frères : cet Évangile que je vous ai annoncé n'est pas de l'homme ; et d'ailleurs, ce n'est pas par un homme qu'il m'a été transmis ni enseigné, mais par une révélation de Jésus Christ. Car vous avez entendu parler de mon comportement naguère dans le judaïsme : avec quelle frénésie je persécutais l'Église de Dieu et je cherchais à la détruire ; je faisais des progrès dans le judaïsme, surpassant la plupart de ceux de mon âge et de ma race par mon zèle débordant pour les traditions de mes pères. Mais, lorsque Celui qui m'a mis à part depuis le sein de ma mère et m'a appelé par sa grâce a jugé bon de révéler en moi son Fils afin que je l'annonce parmi les païens, aussitôt, loin de recourir à aucun conseil humain, ou de monter à Jérusalem auprès de ceux qui étaient apôtres avant moi, je suis parti pour l'Arabie, puis je suis revenu à Damas. Ensuite, trois ans après, je suis monté à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas et je suis resté quinze jours auprès de lui, sans voir cependant aucun autre apôtre, mais seulement Jacques, le frère du Seigneur. Ce que je vous écris, je le dis devant Dieu, ce n'est pas un mensonge. Ensuite, je me suis rendu dans les régions de Syrie et de Cilicie. Mais mon visage était inconnu aux Églises du Christ en Judée ; simplement, elles avaient entendu dire : " celui qui nous persécutait naguère annonce maintenant la foi qu'il détruisait alors " et elles glorifiaient Dieu à mon sujet ». 

  • Paul co-signe la plupart de ses lettres

    Lettre de Paul aux Galates (Ga 1, 1-5)


    « Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus Christ et Dieu le Père qui l'a ressuscité d'entre les morts, et tous les frères qui sont avec moi, aux Églises de Galatie : à vous grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ, qui s'est livré pour nos péchés, afin de nous arracher à ce monde du mal, conformément à la volonté de Dieu, qui est notre Père. A lui soit la gloire pour les siècles des siècles. Amen. »



    Première lettre de Paul aux Thessaloniciens (1Th 1, 1-2)


    « Paul, Silvain et Timothée à l'Église des Thessaloniciens qui est en Dieu le Père et dans le Seigneur Jésus Christ. A vous grâce et paix. Nous rendons continuellement grâce à Dieu pour vous tous quand nous faisons mention de vous dans nos prières. »


    Notons que, de toutes les lettres de Paul qui sont conservées, la première lettre aux Thessaloniciens est la plus ancienne (sans doute 50). C’est donc, à l’heure actuelle, le premier document chrétien connu.

02 Que sait-on du personnage de Pierre ?

Qui donc est Pierre, cet homme que le Nouveau Testament présente comme un apôtre de Jésus, pêcheur fougueux, parfois hésitant dans sa foi mais connu par ailleurs comme fondateur de l’Église et ancêtre des papes ? Il est bien difficile de cerner sa personnalité

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  •   Documents de référence :
  • Pierre, dans les évangiles synoptiques, est pêcheur

    Evangile selon Matthieu (Mt 4, 18-22)


    « Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon appelé Pierre et André, son frère, en train de jeter le filet dans la mer : c'étaient des pêcheurs. Il leur dit : Venez à ma suite et je vous ferai pêcheurs d'hommes. Laissant aussitôt leurs filets, ils le suivirent. Avançant encore, il vit deux autres frères : Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, dans leur barque, avec Zébédée leur père, en train d'arranger leurs filets. Il les appela. Laissant aussitôt leur barque et leur père, ils le suivirent. »



    Evangile selon Marc (Mc 1, 16-17)


    « Comme il passait le long de la mer de Galilée, il vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter le filet dans la mer : c'étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : Venez à ma suite, et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. »



    Evangile selon Luc (Lc 5, 1-11)


    « Or, un jour, la foule se serrait contre lui à l'écoute de la parole de Dieu ; il se tenait au bord du lac de Gennésareth. Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs qui en étaient descendus lavaient leurs filets. Il monta dans l'une des barques, qui appartenait à Simon, et demanda à celui-ci de quitter le rivage et d'avancer un peu ; puis il s'assit et, de la barque, il enseignait les foules. Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : Avance en eau profonde et jetez vos filets pour attraper du poisson. Simon répondit : Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. Ils le firent et capturèrent une grande quantité de poissons ; leurs filets se déchiraient. Ils firent signe à leurs camarades de l'autre barque de venir les aider ; ceux-ci vinrent et ils remplirent les deux barques au point qu'elles enfonçaient. A cette vue, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus en disant : Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un coupable. C'est que l'effroi l'avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient pris ; de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, qui étaient les compagnons de Simon. Jésus dit à Simon : Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu auras à capturer. Ramenant alors les barques à terre, laissant tout, ils le suivirent ».

  • Pierre est toujours cité en premier, parmi les Douze, dans le Nouveau Testament

    Evangile selon Marc (Mc 3, 16-19)


    Il établit les Douze : Pierre -c'est le surnom qu'il a donné à Simon-, Jacques, le fils de Zébédée et Jean, le frère de Jacques-et il leur donna le surnom de Boanerguès, c'est-à-dire fils du tonnerre-, André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, le fils d'Alphée, Thaddée et Simon le zélote, et Judas Iscarioth, celui-là même qui le livra.


    (Et parallèles dans les autres synoptiques)



    Livre des Actes des Apôtres (Ac 1, 13)


    « A leur retour, ils montèrent dans la chambre haute où se retrouvaient Pierre, Jean, Jacques et André ; Philippe et Thomas ; Barthélemy et Matthieu ; Jacques fils d'Alphée, Simon le zélote et Jude fils de Jacques. »

  • Pierre parle souvent au nom des Douze

    Evangile selon Marc (Mc 8, 27-29)


    « Jésus s'en alla avec ses disciples vers les villages voisins de Césarée de Philippe. En chemin, il interrogeait ses disciples : Qui suis-je, au dire des hommes ? Ils lui dirent : Jean le Baptiste ; pour d'autres, Elie ; pour d'autres, l'un des prophètes. Et lui leur demandait : Et vous, qui dites-vous que je suis ? Prenant la parole, Pierre lui répond : Tu es le Christ. »


    (Et parallèles dans les autres synoptiques)



    Evangile selon Marc (Mc 9, 2-5)


    Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et les emmène seuls à l'écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux, et ses vêtements devinrent éblouissants, si blancs qu'aucun foulon sur terre ne saurait blanchir ainsi. Elie leur apparut avec Moïse ; ils s'entretenaient avec Jésus. Intervenant, Pierre dit à Jésus : Rabbi, il est bon que nous soyons ici ; dressons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, une pour Elie. »


    (Et parallèles dans les autres synoptiques)



    Evangile selon Marc (Mc 14, 27-21)


    Et Jésus leur dit : Tous, vous allez tomber, car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées. Mais une fois ressuscité, je vous précéderai en Galilée. Pierre lui dit : "Même si tous tombent, eh bien ! pas moi !" Jésus lui dit :  "En vérité, je te le déclare, toi, aujourd'hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois". Mais lui affirmait de plus belle : "Même s'il faut que je meure avec toi, non, je ne te renierai pas". Et tous en disaient autant. »

  • Jésus annonce trois fois sa Passion, dans chacun des évangiles synoptiques

    1ère annonce : Mc 8, 31-33 ; Mt 16, 21 ; Lc 9, 22

    2ème annonce : Mc 9, 30-32 ; Mt 17, 22-23 ; Lc, 9, 43-45 

    3ème annonce : Mc 10, 32-34 ; Mt 20, 17-19 ; Lc 18, 31-34.


    A titre d’exemple, les trois annonces chez Marc :



    Evangile selon Marc (Mc 8, 31-33)


    « Puis il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les Anciens, les grands-prêtres et les scribes, qu’il soit mis à mort et que, trois jours après, il ressuscite. Il tenait ouvertement ce langage. Pierre, le tirant à part, se mit à le réprimander. Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, réprimanda Pierre ; il lui dit : Retire-toi ! Derrière moi, Satan, car tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »



    Evangile selon Marc (Mc 9, 30-32)


    « Partis de là, ils traversaient la Galilée et Jésus ne voulait pas qu'on le sache. Car il enseignait ses disciples et leur disait : "Le Fils de l'homme va être livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, lorsqu'il aura été tué, trois jours après il ressuscitera". Mais ils ne comprenaient pas cette parole et craignaient de l'interroger. » 



    Evangile selon Marc (Mc 10, 32-34)


    « Ils étaient en chemin et montaient à Jérusalem, Jésus marchait devant eux. Ils étaient effrayés, et ceux qui suivaient avaient peur. Prenant de nouveau les Douze avec lui, il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver : Voici que nous montons à Jérusalem et le Fils de l'homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort et le livreront aux païens, ils se moqueront de lui, ils cracheront sur lui, ils le flagelleront, ils le tueront et, trois jours après, il ressuscitera. »

  • Paul appelle « colonnes » Pierre (qu’ici il appelle Képhas, son surnom araméen), Jacques et Jean

    Lettre de Paul aux Galates (Ga 2, 10)


    « Ensuite, au bout de quatorze ans, je suis monté de nouveau à Jérusalem avec Barnabas ; j'emmenai aussi Tite avec moi. Or, j'y montai à la suite d'une révélation et je leur exposai l'Évangile que je prêche parmi les païens ; je l'exposai aussi dans un entretien particulier aux personnes les plus considérées, de peur de courir ou d'avoir couru en vain. Mais on ne contraignit même pas Tite, mon compagnon, un Grec, à la circoncision ; ç'aurait été à cause des faux frères, intrus qui, s'étant insinués, épiaient notre liberté, celle qui nous vient de Jésus Christ, afin de nous réduire en servitude. A ces gens-là nous ne nous sommes pas soumis, même pour une concession momentanée, afin que la vérité de l'Évangile fût maintenue pour vous. Mais, en ce qui concerne les personnalités -ce qu'ils étaient alors, peu m'importe : Dieu ne regarde pas à la situation des hommes- ces personnages ne m'ont rien imposé de plus. Au contraire, ils virent que l'évangélisation des incirconcis m'avait été confiée, comme à Pierre celle des circoncis -car celui qui avait agi en Pierre pour l'apostolat des circoncis avait aussi agi en moi en faveur des païens- et, reconnaissant la grâce qui m'a été donnée, Jacques, Céphas et Jean, considérés comme des colonnes, nous donnèrent la main, à moi et à Barnabas, en signe de communion, afin que nous allions, nous vers les païens, eux vers les circoncis. Simplement, nous aurions à nous souvenir des pauvres, ce que j'ai eu bien soin de faire. »

  • Allusion de Paul à la femme de Pierre

    Première lettre de Paul aux Corinthiens (1Co 9, 5)


    « N'aurions-nous pas le droit d'emmener avec nous une femme chrétienne comme les autres apôtres, les frères du Seigneur et Céphas ? »

  • Le martyre de Pierre

    • Il transparaît sans doute dans l’évangile de Jean

    Evangile selon Jean (Jn 13, 33-36)


    « Jésus dit... Mes petits-enfants, je ne suis plus avec vous que pour peu de temps. Vous me chercherez et comme j'ai dit aux Juifs : là où je vais, vous ne pouvez venir, à vous aussi maintenant je le dis. Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l'amour que vous aurez les uns pour les autres. Simon-Pierre lui dit : Seigneur, où vas-tu ? Jésus lui répondit : Là où je vais, tu ne peux me suivre maintenant, mais tu me suivras plus tard. »



    Evangile selon Jean (Jn 21, 15-19)


    Après le repas, Jésus dit à Simon-Pierre : Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? Il répondit : Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime, et Jésus lui dit alors : Pais mes agneaux. Une seconde fois, Jésus lui dit :  Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ?  Il répondit : Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus dit : Sois le berger de mes brebis. Une troisième fois, il dit : Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? Pierre fut attristé de ce que Jésus lui avait dit une troisième fois :  M'aimes-tu ? et il reprit : Seigneur, toi qui connais toutes choses, tu sais bien que je t'aime. Et Jésus lui dit :  Pais mes brebis. En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu nouais ta ceinture et tu allais où tu voulais ; lorsque tu seras devenu vieux, tu étendras les mains et c'est un autre qui nouera ta ceinture et qui te conduira là où tu ne voudrais pas. Jésus parla ainsi pour indiquer de quelle mort Pierre devait glorifier Dieu ; et après cette parole, il lui dit : suis-moi. » 



    • Il est affirmé par Clément de Rome

    Lettre de Clément de Rome aux Corinthiens (1 Clément 5, 3-4)


    « Considérons les valeureux apôtres. Pierre, qui par suite d’une jalousie injuste a supporté tant de souffrances -non pas une ou deux- et qui après avoir rendu ainsi témoignage s’en est allé au séjour de gloire qui lui était dû. »

03 Quelle langue parlait Jésus ?

Jésus de Nazareth était un juif vivant dans le monde romain. Et les textes qui nous parlent de lui sont majoritairement écrits en grec. Mais quelle langue parlait-il donc lui-même ? Question importante si on veut être certain que ses propos n’ont pas été trahis !

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  •   Documents de référence :
  • Jésus appelle son Père "abba" en araméen

    Evangile selon Marc (Mc 14, 35-36)


    « Et, allant un peu plus loin, il tombait à terre et priait pour que, si possible, cette heure passât loin de lui. Il disait : Abba, Père, à toi tout est possible. Écarte de moi cette coupe ! Pourtant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! »

  • Jésus dit "Talitha qoum" en araméen, lors de la guérison de la fille de Jaïre

    Evangile selon Marc (Mc 5, 36-43)


    « Mais Jésus, sans tenir compte de ces paroles, dit au chef de la synagogue : Ne crains pas, crois seulement. Et il ne permit à personne de l'accompagner, si ce n'est à Pierre, à Jacques, et à Jean, frère de Jacques. Ils arrivèrent à la maison du chef de la synagogue, où Jésus vit une foule bruyante et des gens qui pleuraient et poussaient de grands cris. Il entra, et leur dit : Pourquoi faites-vous du bruit, et pourquoi pleurez-vous ? L'enfant n'est pas morte, mais elle dort. Et ils se moquaient de lui. Alors, ayant fait sortir tout le monde, il prit avec lui le père et la mère de l'enfant, et ceux qui l'avaient accompagné, et il entra là où était l'enfant. Il la saisit par la main, et lui dit : Talitha koum, ce qui signifie : Jeune fille, lève-toi, je te le dis. Aussitôt la jeune fille se leva, et se mit à marcher ; car elle avait douze ans. Et ils furent dans un grand étonnement. Jésus leur adressa de fortes recommandations, pour que personne ne sût la chose ; et il dit qu'on donnât à manger à la jeune fille. »

  • Jésus cite sur la croix le psaume 22 en araméen : "Eli, Eli, lema sabachtani"

    Evangile selon Marc (Mc 8, 15, 34)


    « La sixième heure étant venue, il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu'à la neuvième heure. Et à la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte : Éloï, Éloï, lama sabachthani ? ce qui signifie : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » 


    Et passage parallèle dans l'évangile selon Matthieu (Mt 27, 46)

  • Marie Madeleine appelle Jésus "Rabbouni" en araméen

    Evangile selon Jean (Jn 20, 1-18)


    « Le premier jour de la semaine, à l'aube, alors qu'il faisait encore sombre, Marie de Magdala se rend au tombeau et voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court, rejoint Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit: On a enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons pas où on l'a mis. Alors Pierre sortit, ainsi que l'autre disciple, et ils allèrent au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. Il se penche et voit les bandelettes qui étaient posées là. Toutefois il n'entra pas. Arrive, à son tour, Simon-Pierre qui le suivait ; il entre dans le tombeau et considère les bandelettes posées là et le linge qui avait recouvert la tête ; celui-ci n'avait pas été déposé avec les bandelettes, mais il était roulé à part, dans un autre endroit. C'est alors que l'autre disciple, celui qui était arrivé le premier, entra à son tour dans le tombeau ; il vit et il crut. En effet, ils n'avaient pas encore compris l'Écriture selon laquelle Jésus devait se relever d'entre les morts. Après quoi, les disciples s'en retournèrent chez eux. Marie était restée dehors, près du tombeau, et elle pleurait. Tout en pleurant elle se penche vers le tombeau et elle voit deux anges vêtus de blanc, assis à l'endroit même où le corps de Jésus avait été déposé, l'un à la tête et l'autre aux pieds. Femme, lui dirent-ils, pourquoi pleures-tu ? Elle leur répondit : On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l'a mis. Tout en parlant elle se retourne et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était lui. Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleures-tu ? qui cherches-tu ? Mais elle, croyant qu'elle avait affaire au gardien du jardin, lui dit : Seigneur, si c'est toi qui l'as enlevé, dis-moi où tu l'as mis et j'irai le prendre. Jésus lui dit :  Marie.  Elle se retourna et lui dit en hébreu : Rabbouni, ce qui signifie maître. Jésus lui dit : Ne me retiens pas ! car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Pour toi, va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu. Marie de Magdala vint donc annoncer aux disciples : J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. »

04 Quel est le contexte politique et culturel du 1er siècle ?

On sait que Jésus est juif ; on parle dans les évangiles d’Hérode, roi des juifs (d’ailleurs on parle de deux Hérode, père et fils) mais on parle aussi de Ponce Pilate qui condamne Jésus et qui est romain. Comment s’organise ce monde, dont fait partie Jésus et où apparaissent les premiers chrétiens, tant sur le plan politique que culturel ?

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  •   Documents de référence :
  • Trois régions composent la région géographique de Palestine à l’époque d’Auguste

    Flavius Josèphe (historien juif du 1er s ap. JC), Guerre des Juifs III, 1-5


    « La Galilée, qui se divise en Galilée supérieure et Galilée inférieure, est développée par la Phénicie et la Syrie... Au midi, la Galilée a pour limites la Samarie et le territoire de Scythopolis jusqu’au cours du Jourdain...

    La province de Samarie est située entre la Galilée et la Judée... Son caractère ne diffère pas de celui de la Judée... Sur la frontière des deux pays se trouve le village d’Anouath, appelé encore Borcéos, limite Nord de la Judée. ; la limite méridionale, si on mesure le pays dans sa longueur, est marquée par un village limitrophe de l’Arabie, que les Juifs nommes Jardan... »

  • Les Grecs n’ont jamais été complètement romanisés

    Paul Veyne, historien de l’Antiquité (1930-2022), L’Empire gréco-romain (Paris, Seuil, 2005) p. 195


    « Les Grecs ne se sont jamais sentis romains, mais sont restés eux-mêmes, différents de leurs maîtres romains -et supérieurs à eux. Au IVème siècle encore, Libanios dira "nous, Grecs ; vous, Romains". »


    Et Paul Veyne cite lui-même Gilbert Dagron, historien français spécialiste d’histoire byzantine (1932-2015)


    « S’il y a eu ralliement, il n’y a pas eu intégration ; le pouvoir est resté romain et la culture grecque. »

  • Un écriteau en trois langues était accroché sur la croix de Jésus

    Evangile selon Jean (Jn 19, 18-22)


    « C'est là qu'ils le crucifièrent ainsi que deux autres, un de chaque côté et, au milieu, Jésus. Pilate avait rédigé un écriteau qu'il fit placer sur la croix : il portait cette inscription : Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs. Cet écriteau, bien des Juifs le lurent, car l'endroit où Jésus avait été crucifié était proche de la ville et le texte était écrit en hébreu, en latin et en grec. Les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : N'écris pas " le roi des Juifs ", mais bien " cet individu a prétendu qu'il était le roi des Juifs ". Pilate répondit : Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. »


    Et passage parallèle dans l'évangile selon Matthieu (Mt 27, 46)

05 Peut-on mettre en doute l’existence de Jésus ?

Jusqu’au 18ème siècle, l’existence de Jésus n’a jamais fait débat. Le monde était chrétien. On pouvait parfois ne pas croire en Jésus Christ mais l’existence de l’homme Jésus n’était mise en doute par personne. Que penser de la naissance et de l’évolution de thèses que l’on appelle « mythistes », soupçonnant les chrétiens d’avoir inventé le personnage de Jésus ?

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  •   Documents de référence :
  • Les premières interrogations à propos des textes bibliques

    La lecture critique des évangiles a commencé, à l’époque de la Renaissance (dès le 16ème siècle donc) par l’intérêt pour les manuscrits antiques des textes bibliques. Selon les manuscrits, pour un même passage, on trouve des versions différentes du texte grec, ce qui amène les humanistes à comparer les variantes. Plusieurs éditions d’Érasme ont été publiées et diffusées, suivies d’éditions critiques par Robert Estienne puis Théodore de Bèze, pour que les variantes soient prises en compte.


    C’est à la fin du 17ème et au début du 18ème siècle que les chercheurs prolongent le travail en comparant les textes qui mentionnent le même évènement. Richard Simon publie en 1678 une « Histoire critique du Vieux Testament ». Ses nombreux adversaires, en particulier dans la hiérarchie catholique, l’obligent à se mettre en retrait et son « Histoire critique du texte du Nouveau Testament » paraît à Rotterdam en 1689. C’est le début d’un mouvement qui va prendre de l’ampleur : on peut dire que le 18ème siècle marque le début du développement de l’histoire critique pour l’étude de Jésus. On compare en particulier les synoptiques et l’on commence à penser qu’ils dépendent les uns des autres.


    Mais, au cours de ces divers travaux, qui font évoluer les croyances de façon considérable, nul ne met en cause l’existence de Jésus.

  • Dans les premiers siècles, même les païens très opposés aux chrétiens ne mettaient pas en doute l’existence de Jésus

    Un exemple significatif est la position de Celse. 

    Celse était un philosophe très hostile aux chrétiens, qui a écrit, sans doute vers 160 à 180, un «  Discours vrai » exposant ses griefs fondamentaux contre les chrétiens. Ce qui montre que les chrétiens commençaient à être assez célèbres pour qu'un lettré de l'époque prenne le temps de rédiger un argumentaire contradictoire. Nous avons connaissance de ce discours par l’œuvre d’Origène (théologien chrétien du 3ème siècle) qui a réfuté quelque 60 ans plus tard les arguments de Celse dans son œuvre, le « Contre Celse ». La lecture d’Origène montre que Celse a écrit une sorte de contre-vie de Jésus. En particulier, d’après Celse, Jésus serait né d’une femme convaincue d’adultère...

    Ainsi donc, à aucun moment, il ne met en doute son existence.


    Origène, Contre Celse, livre 1 chap. 28 et ss


    « Il faut maintenant retourner à notre prosopopée, et écouter ce (qui est dit) de la mère de Jésus : qu'elle fut chassée par le charpentier, son fiancé, ayant été convaincue d'avoir commis adultère avec un soldat, nommé Panthère. Voyons donc un peu si ceux qui ont inventé cette fable n'ont point été aveugles dans ces circonstances, et si celles de l’adultère commis avec le soldat, et de l'emportement du charpentier, sont fort propres à diminuer la créance de l'opération miraculeuse du Saint-Esprit dans la conception de Jésus. »

  • Les sources non chrétiennes mentionnant l’histoire de Jésus

    Tacite parle de l’incendie de Rome en 64 et explique que Néron que l’on accusait d’être responsable, a trouvé des coupables, les chrétiens.


    Tacite, Annales XV, 44


    « Pour étouffer la rumeur, Néron produisit des inculpés, et livra aux tourments les plus raffinés des gens, détestés pour leurs turpitudes, que la foule appelait « chrétiens ». Ce nom leur vient de Christ, que, sous le principat de Tibère, le procurateur Ponce Pilate avait livré au supplice ; réprimée sur le moment, cette exécrable superstition faisait de nouveau irruption, non seulement en Judée, berceau du mal, mais encore à Rome, où tout ce qu’il y a d’affreux ou de honteux dans le monde converge et se répand. »



    Suétone, « Vie de Claude » XXV, dans Vie des douze Césars


    « Comme les Juifs se soulevaient continuellement à l’instigation de Chrestus, il [Claude] les chassa de Rome. »



    Flavius Josèphe, Antiquités juives, 18, 63-64


    « Vers le même temps vint Jésus, homme sage, [si toutefois il faut l’appeler un homme]. Car il était un faiseur de miracles et le maître des hommes qui reçoivent avec joie la vérité. Et il attira à lui beaucoup de juifs et beaucoup de Grecs. [C’était le Christ]. Et lorsque sur la dénonciation de nos premiers citoyens, Pilate l’eut condamné à la crucifixion, ceux qui l’avaient d’abord chéri ne cessèrent pas de le faire, [car il leur apparut trois jours après ressuscité, alors que les prophètes divins avaient annoncé cela et mille merveilles à son sujet]. Et le groupe appelé après lui chrétiens n’a pas encore disparu. »


    Entre crochets les formulations pour lesquelles une interpolation due à des copistes chrétiens est vraisemblable.

06 Qui appelle-t-on « Pères de l’Église » ?

« Pères de l’Église ». Une appellation un peu floue, qui peut s’employer pour beaucoup de personnages différents, et qui pourtant fait référence à une catégorie d’écrivains chrétiens des premiers siècles dont l’œuvre a été décisive dans l’interprétation des Écritures

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  •   Documents de référence :
  • Les Pères et la transmission

    Irénée de Lyon, Contre les Hérésies, III 1, 1-2


    « Le Seigneur de toutes choses a en effet donné à ses apôtres le pouvoir d’annoncer l’Évangile, et c’est par eux que nous avons connu la vérité, c’est-à-dire l’enseignement du fils de Dieu... En effet, après que Notre Seigneur fut ressuscité d’entre les morts et que les apôtres eurent été, par la venue de l’Esprit Saint, revêtus de la force d’en haut, ils furent remplis de certitude au sujet de tout et ils possédèrent la connaissance parfaite ; et c’est alors qu’ils s’en allèrent jusqu’aux extrémités de la terre, proclamant la bonne nouvelle des biens qui nous viennent de Dieu et annonçant aux hommes la paix céleste : ils avaient, tous ensemble et chacun pour son compte, l’Évangile de Dieu.

    Ainsi Matthieu publia-t-il chez les Hébreux, dans leur propre langue, une forme écrite d’Évangile, à l’époque où Pierre et Paul évangélisaient Rome et y fondaient l’Église. Après la mort de ces derniers, Marc, le disciple et l’interprète de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce que prêchait Pierre. De son côté Luc, le compagnon de Paul, consigna en un livre l’évangile que prêchait celui-ci. Puis Jean, le disciple du Seigneur, celui-là même qui avait reposé sur sa poitrine, publia lui aussi l’Évangile, tandis qu’il séjournait à Éphèse, en Asie. 

    Et tous ceux-là nous ont transmis l’enseignement suivant : un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre, qui fut prêché par la Loi et les prophètes, et un seul Christ, Fils de Dieu... »

  • Les Pères mettent en avant les liens qui les rattachent à l’époque du Christ

    Irénée de Lyon, Lettre à Florinus (citée par Eusèbe de Césarée)


    « Je me souviens mieux de ce temps-là que des évènements récents, car les choses apprises dans l’enfance grandissent avec l’âme et ne font qu’un avec elle. Ainsi puis-je dire en quel endroit le bienheureux Polycarpe s’asseyait pour parler, ses entrées et ses sorties, sa manière de vivre, son aspect physique, les entretiens qu’il faisait à la communauté, comment il parlait de ses relations avec Jean et les autres qui avaient vu le Seigneur, comment il rappelait leurs paroles et quelles choses il leur avait entendu dire au sujet du Seigneur, de ses miracles et de son enseignement ; comment Polycarpe avait reçu tout cela des témoins oculaires du Verbe de vie et les rapporter en conformité avec les Écritures... »

  • Les Pères interprètent les Écritures et fondent la théologie

    Ignace d’Antioche, Lettre aux Tralliens, IX, 1-2


    « Soyez sourds à ceux qui vous parlent d’autre chose que de Jésus Christ, de la race de David, fils de Marie, qui est véritablement né, a mangé et bu, a véritablement souffert la persécution sous Ponce Pilate, a véritablement été crucifié, est mort, à la face du ciel, de la terre, des enfers. Il est véritablement ressuscité d’entre les morts. C’est son Père qui l’a ressuscité, et c’est lui aussi, le Père, qui à sa ressemblance nous ressuscitera en Jésus Christ, nous qui croyons en lui, en dehors de qui nous n’avons pas la vie véritable. »


    Ignace d’Antioche est un Père qu’on appelle « apostolique » car il est quasi contemporain des apôtres (fin du 1er ou début du 2ème siècle). On peut voir qu’il a -très tôt donc- une lecture christologique des Écritures.



    Grégoire de Nazianze, discours 31, 3


    « Pour notre part, nous avons une telle assurance en la divinité de l’Esprit, objet de notre culte, que nous allons commencer cet exposé de la ''théologie'' en appliquant les mêmes expressions à la Trinité, même si certains trouvent cela trop audacieux... »



    Grégoire de Nazianze, discours 31, 33


    « J’ai pensé que le mieux, c’est... de garder jusqu’à la fin l’illumination que j’ai reçue de l’Esprit. »



    Grégoire de Nazianze, Lettre 1


    « A partir de ce jour, mes yeux ont été éblouis par la lumière de la Trinité dont l’éclat surpasse tout ce que la pensée pouvait présenter à mon âme, car de son siège sublime, la Trinité répand tout son rayonnement ineffable commun aux Trois. »



    Grégoire de Nazianze est un Père cappadocien (Asie mineure) du 4ème siècle. Il s’exprime à un moment où la discussion est intense pour savoir si le Saint Esprit est Dieu. Ses propos (joints à ceux d’autres Pères qui lui étaient contemporains) ont participé à l’élaboration de la théologie trinitaire qui sera affirmée au concile de Constantinople et donnera naissance à la seconde partie du credo actuel (Nicée-Constantinople).

    On voit que Grégoire, comme la plupart des Pères, argumente théologiquement ses propos (1er extrait) mais les vit en même temps spirituellement et même de façon mystique (2ème et 3ème extraits).

07 Que sait-on de la vie de Jésus ?

Souvent nous disons indifféremment « Jésus » ou « Jésus Christ », sans distinguer l’homme qui a vécu à Nazareth puis est mort à Jérusalem, du ressuscité vénéré après Pâques. C’est un peu normal puisque les évangiles parlent en même temps de ces deux aspects de sa personne. Mais que savons-nous exactement de l’homme, indépendamment de la foi qui l’a entouré ? Que savons-nous des évènements de sa vie terrestre ?

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  •   Documents de référence :
  • Règne ou Royaume de Dieu

    Evangile selon Matthieu (Mt 6, 33)


    « Cherchez d’abord le Royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné par surcroît. »



    Evangile selon Marc (Mc 1, 14-15)


    « Après que Jean eut été livré, Jésus vint en Galilée. Il proclamait l’Évangile de Dieu et disait : Les temps sont accomplis, et le Règne de Dieu s’est approché : convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »



    Evangile selon saint Luc (Lc 17, 20-21)


    « Les Pharisiens lui demandèrent : Quand donc vient le Règne de Dieu ? Il leur répondit : Le Règne de Dieu ne vient pas comme un fait observable. On ne dira pas : Le voici ou Le voilà. En effet le Règne de Dieu est parmi vous. »



    Evangile selon Jean (Jn 3, 5)


    « Jésus lui (Nicodème) répondit : En vérité, en vérité je te le dis, nul, s’il ne naît d’eau et d’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. »



    Ce sont des exemples ; en effet, dans les évangiles, on trouve environ cent occurrences de l’expression Royaume de Dieu (ou des cieux) ou Règne de Dieu, surtout dans les évangiles synoptiques : en effet on ne trouve l’expression que deux fois chez Jean (il lui préfère généralement l’expression : Vie éternelle).


    En grec, il n’y a qu’une expression que l’on traduit, selon le contexte, par Règne (dans le temps) ou Royaume (lieu) de Dieu.

    Jésus en parle souvent. Il n’en donne pas de définition : cette notion est familière au judaïsme ancien. Dans la Bible, les psaumes ou encore Isaïe évoquent souvent la royauté divine. Le peuple juif du 1er siècle espère la venue future du Dieu–roi. Mais Jésus se situe de façon originale face à cette espérance. D’une part, le royaume qu’il annonce n’est jamais lié à quelque nationalisme juif que ce soit. En outre, Jésus a la conviction que ce règne de Dieu se réalise déjà avec lui et atteindra sa plénitude à la fin des temps.


  • Jésus chasse les changeurs de monnaie et les marchands du temple

    Evangile selon Marc (Mc 11, 15-17)


    « Ils arrivent à Jérusalem. Entrant dans le Temple, Jésus se mit à chasser ceux qui vendaient et achetaient dans le Temple ; il renversa les tables des changeurs et les sièges des marchands de colombes, et il ne laissait personne traverser le Temple en portant quoi que ce soit. Et il les enseignait et leur disait : N'est-il pas écrit : Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations ? Mais vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »


    Et passages parallèles dans Matthieu (Mt 21, 12-17) et Luc (Lc 19, 45-46)



    Evangile selon Jean (Jn 2, 13-16)


    « La Pâque des Juifs était proche et Jésus monta à Jérusalem. Il trouva dans le Temple les marchands de bœufs, de brebis et de colombes ainsi que les changeurs qui s'y étaient installés. Alors, s'étant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du Temple, et les brebis et les bœufs ; il dispersa la monnaie des changeurs, renversa leurs tables ; et il dit aux marchands de colombes : Ôtez tout cela d'ici et ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »



    On remarque que cet épisode se trouve dans les quatre évangiles. Mais il se situe vers la fin des évangiles de Marc, Matthieu et Luc, c’est-à-dire peu de temps avant la Passion, tandis que Jean le raconte au tout début de son évangile.


  • « Vous avez appris... moi je vous dis »

    Evangile selon Matthieu (Mt, 17-47)


    « N'allez pas croire que je sois venu abroger la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abroger, mais accomplir. Car, en vérité je vous le déclare, avant que ne passent le ciel et la terre, pas un i, pas un point sur l'i ne passera de la loi, que tout ne soit arrivé. Dès lors celui qui transgressera un seul de ces plus petits commandements et enseignera aux hommes à faire de même sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux ; au contraire, celui qui les mettra en pratique et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le Royaume des cieux. Car je vous le dis : si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des Pharisiens, non, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. 

    Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre ; celui qui commettra un meurtre en répondra au tribunal. Et moi, je vous le dis : quiconque se met en colère contre son frère en répondra au tribunal ; celui qui dira à son frère : Imbécile sera justiciable du Sanhédrin ; celui qui dira : Fou sera passible de la géhenne de feu. Quand donc tu vas présenter ton offrande à l'autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère ; viens alors présenter ton offrande. Mets-toi vite d'accord avec ton adversaire, tant que tu es encore en chemin avec lui, de peur que cet adversaire ne te livre au juge, le juge au gendarme, et que tu ne sois jeté en prison. En vérité, je te le déclare : tu n'en sortiras pas tant que tu n'auras pas payé jusqu'au dernier centime. 

    Vous avez appris qu'il a été dit : Tu ne commettras pas d'adultère. Et moi, je vous dis : quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà, dans son cœur, commis l'adultère avec elle. 

    Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi : car il est préférable pour toi que périsse un seul de tes membres et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi : car il est préférable pour toi que périsse un seul de tes membres et que ton corps tout entier ne s'en aille pas dans la géhenne. 

    D'autre part il a été dit : Si quelqu'un répudie sa femme, qu'il lui remette un certificat de répudiation. Et moi, je vous dis : quiconque répudie sa femme -sauf en cas d'union illégale- la pousse à l'adultère ; et si quelqu'un épouse une répudiée, il est adultère.

    Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne te parjureras pas, mais tu t'acquitteras envers le Seigneur de tes serments. Et moi, je vous dis de ne pas jurer du tout : ni par le ciel car c'est le trône de Dieu, ni par la terre car c'est l'escabeau de ses pieds, ni par Jérusalem car c'est la Ville du grand Roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux en rendre un seul cheveu blanc ou noir. Quand vous parlez, dites Oui ou Non : tout le reste vient du Malin.

    Vous avez appris qu'il a été dit : œil pour œil et dent pour dent. Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire, si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre. A qui veut te mener devant le juge pour prendre ta tunique, laisse aussi ton manteau. Si quelqu'un te force à faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. A qui te demande, donne ; à qui veut t'emprunter, ne tourne pas le dos. 

    Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Et moi, je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes. Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense allez-vous en avoir ? Les collecteurs d'impôts eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait ».


Ajout d'un nouvel épisode le mardi 19 octobre 2026